Manifestation A l'appel de la FDSEA et des JA du Nord, près de
500 agricultrices et agriculteurs se sont mobilisés ce 9 juin
La France veut-elle encore de
ses paysans ?

" Les agriculteurs ne supportent plus d'être pris en étau entre
la hausse des charges et la pression exercée par l'aval de la filière qui nous
empêche de répercuter les coûts ", a résumé Marc Ruscart ce lundi 9 juin matin
sur le boulevard de la liberté devant les manifestants ainsi que de nombreux
journalistes de la presse écrite, télé et radio. Le même message a été passé
dans tous les points de rassemblement du département : Avesnes, Dunkerque,
Cambrai, Valenciennes et Lille. La FDSEA demande notamment la mise en place d'un
plan énergie ambitieux. La hausse des carburants va se poursuivre et il ne
s'agit pas que les paysans soient pris en otage par les pétroliers. Adaptation
des pompes à injection des tracteurs pour d'autres carburants, aide à la mise en
place d'énergies alternatives telles que méthanisation, éolienne,
photovoltaïque...Laurent Verhaeghe, président de l'Union agricole de
Valenciennes a d'ailleurs dénoncé la chasse médiatique et politique faites aux
biocarburants, " le bilan énergétique des biocarburants reste intéressant et
nous ne devons pas abandonner l'idée ", a –t-il lancé. Les agriculteurs ont
aussi tiré la sonnette d'alarme sur la hausse des charges et des contraintes
environnementales et réglementaires en général. " Le grenelle de l'environnement
c'est bien, mais comment fait-on pour remplacer les phytosanitaires interdits ",
ont dénoncé Claude Bonneville et Laurent Denisse. " Si l'on continue à ce
rythme, pour une ferme classique des Flandres, c'est 22 000 euros supplémentaire
de charges pour l'agriculteur, cela fait beaucoup quand on sait que le revenu
moyen de la ferme Nord est de 16 000 euros ", ont indiqué Frédéric Couloumies et
Denis Bollengier en sous Préfecture de Dunkerque. En Préfecture de Lille, Maryse
Moreau et Christian Duquesne ont quant à eux fait part des contraintes liées à
la gestion du foncier dans notre département. C'est décourageant de voir
disparaître de bonnes terres agricoles alors que des friches industrielles
restent inutilisées... Les éleveurs de porc et de lapin ont également pris la
parole pour exprimer leur désarroi et leur impuissance face à la crise qu'ils
traversent. Comment faire face à la hausse des charges quand les intermédiaires
empêchent la répercussion des coûts et continuent à marger aux dépends des
producteurs et des consommateurs ? C'est aussi ce que dénonce la FDSEA : cette
loi de modernisation de l'économie qui risque de renforcer un rapport de force
inégal entre les maillons de la filière. Demain, la France veut elle condamner
tous ses producteurs et ne vendre que des produits étrangers à bas prix sans
sécurité alimentaire ? C'est la question générale que la FDSEA a fait passer
auprès des médias et des représentants de l'Etat. Espérons que des réponses
seront apportées...
Hélène Devillers