Protocole d'indemnisation relatif aux occupations temporaires nécessaires à VNF pour la construction du Canal Seine Nord Europe


 

 

 

 

 

 

 

 

 

CANAL SEINE

 

NORD EUROPE

 

 

________________

 

 

PROTOCOLE D’INDEMNISATION

 

RELATIF AUX OCCUPATIONS TEMPORAIRES

 

NECESSAIRES A VNF POUR LA CONSTRUCTION DU

 

CANAL SEINE NORD EUROPE

 

 

 

 

Actualisation du 06/06/2007


 

 


PROTOCOLE « OCCUPATIONS TEMPORAIRES »

 

 

SOMMAIRE

 

INTRODUCTION.. 9

CHAPITRE 1 – ROLE DE CHAQUE PARTIE.. 11

1.1. VNF. 11

1.2. Les organisations professionnelles agricoles et forestières. 11

1.3. Interlocuteurs locaux VNF et organisations professionnelles agricoles et forestières. 11

1.4. Personnes et biens concernés. 12

CHAPITRE 2 – FONCTIONNEMENT DU PROTOCOLE « OCCUPATIONS TEMPORAIRES AMIABLES ». 13

2.1. Commission Paritaire. 13

2.2. Missions de la commission paritaire: 14

2.3. Présentation des dossiers d’occupation temporaire amiable. 15

2.4. Instruction des dossiers – délais. 16

2.5. Réunions de la commission. 16

2.6. Etat des lieux avant travaux. 16

2.7. Suivi des travaux. 18

2.8. Etat des lieux après travaux. 19

2.9. Période de garantie. 20

CHAPITRE 3 – LES INDEMNITES. 21

3.1. Indemnités aux propriétaires. 21

3.1.1 Indemnités au titre de l’exploitation des terres. 21

3.1.2 Exploitation d’un emprunt 21

3.2. Indemnités aux exploitants. 22

3.2.1 Principe. 22

3.2.2 Indemnités pour perte de récolte. 22

3.2.3. Indemnité  de privation de jouissance. 23

3.2.4. Préjudices particuliers exceptionnels. 25

3.2.5 Indemnité pour déficit sur les récoltes ultérieures hors forêt 27

3.2.6. Indemnité pour arrière fumures. 27

3.3. Règlement des indemnités. 27

3.3.1 Versement des indemnités. 27

3.3.2 Calcul des indemnités. 27

3.3.3 Paiement des indemnités après restitution des terrains. 28

3.3.4 Actualisation. 28

CHAPITRE 4 – LES RESEAUX AGRICOLES. 29

4.1 Principes. 29

4.2 Rétablissement des réseaux de drainage dans les parcelles agricoles et forestières occupées. 29

4.3 Réseaux d’irrigation existants, points d’eau. 29

4.4 Rétablissements hydrauliques. 30

CHAPITRE 5 – MISSIONS D’EXPERTISE DES LABORATOIRES SPECIALISES. 31

CHAPITRE 6 – LITIGES. 32

6.1 Procédure de conciliation. 32

6.2 Saisine des tribunaux. 32

CHAPITRE 7 – DIVERS. 33

7.1 Sauvegarde des intérêts des propriétaires. 33

7.2 Politique agricole commune (PAC) 33

7.3 Mesures contractuelles entre l’Etat, les collectivités et l’exploitant agricole et forestier 34

7.4 Dispositions en cas de litige après la construction du Canal Seine Nord Europe. 35

7.5. garanties financières. 35

7.6. Engagements de VNF et partenaire(s) privé(s) 36

7.7. Durée. 36

CHAPITRE 8 – LES MODALITES TECHNIQUES. 38

8.1 Les principes. 38

8.2 Les différents types d’occupation temporaire. 38

8.2.1  Occupation pour des emprunts de matériaux. 38

8.2.2 Occupation pour des dépôts définitifs. 39

8.2.3 Occupation pour les dépôts temporaires (dépôts provisoires de matériaux agricoles) 40

8.2.4  Occupation pour les besoins du chantier 41

8.2.5 Occupation pour des fouilles archéologiques. 41

8.2.6  Occupation dans les prairies. 42

8.3 Phases d’études. 42

8.4 Formation et sensibilisation des hommes de chantier 43

8.5 Diagnostic de l’état initial 43

8.5.1  Occupation temporaire pour des dépôts définitifs. 43

8.5.2 Occupation temporaire pour des dépôts provisoires. 47

8.5.3 Occupation temporaire pour les besoins du chantier 47

8.5.4 Diagnostic initial pour les cas de fouilles archéologiques. 47

8.6 Prescriptions techniques avant travaux. 48

8.6.1. Occupation temporaire pour des dépôts définitifs. 48

8.6.2 Occupation temporaire pour des dépôts provisoires. 49

8.6.3 .Occupation temporaire pour les besoins du chantier 49

8.6.4 . Emprunts de matériaux. 49

8.6.5. Occupations pour les fouilles archéologiques. 49

8. 7 Prescriptions en cours d’occupation et d’utilisation. 50

8.7.1  Occupations temporaires pour des dépôts définitifs, pour les dépôts provisoires, pour les besoins du chantier, pour les emprunts de matériaux. 50

8.7.2 Occupations pour les fouilles archéologiques. 50

8.8 Prescriptions techniques pour la remise en état et la restitution agricole ou forestière. 51

8.8.1 Occupation temporaire pour des dépôts définitifs et les emprunts de matériaux. 51

8.8.2 Occupation temporaire pour des dépôts provisoires. 52

8.8.3 .Occupations temporaires pour les besoins du chantier 53

8.8.4 .Prescriptions à respecter en cas de boisement ou de reboisement 53

9 Diagnostic après remise en état 53

9.1 Occupation temporaire pour des dépôts définitifs, les zones de chantier et les emprunts de matériaux  53

10 Mise en œuvre des prescriptions énumérées aux articles 8-3 et suivants. 55

11 Définitions et méthodes. 56

11.1 . Description d’un sol agricole ou forestier 56

11.2. Définitions. 57

.11.3. Méthodes et outils. 61

11.4 Fiches de Préconisations techniques à l’attention des chefs de chantiers. 68

11.5 Fiches de descriptions des profils pédologiques. 68

ANNEXE 1 - Indemnités « Occupations temporaires ». 72

ANNEXE 1-2 - Indemnités « dégâts aux cultures ». 73

ANNEXE 1-2 - Indemnités « dégâts aux cultures ». 75

ANNEXE 1-2 - Indemnités « dégâts aux cultures ». 77

ANNEXE 1-3 – Indemnisation des dégâts forestiers 78

ANNEXE 2 - Indemnités « dégâts aux cultures ». 79

ANNEXE 3 – Convention « extraction de matériaux ». 80

ANNEXE 4 – Etat des lieux avant travaux. 89

ANNEXE 5-1 – Convention d’occupation « 1ère année ». 91

ANNEXE 5-2 – Convention d’occupation « années suivantes ». 94

ANNEXE 6 – Préconisations pour la réalisation des chantiers. 97

REMBLAI 97

DRESSAGE de SOUBASSEMENT. 97

REGALAGES. 97

ANNEXE 7 – Fiches de description des profils pédologiques. 108

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1ère partie

 

 

ADMINISTRATIVE

 


PROTOCOLE D’INDEMNISATION RELATIF

AUX OCCUPATIONS TEMPORAIRES NECESSAIRES A VNF

POUR LA CONSTRUCTION DU CANAL SEINE NORD EUROPE –

DANS LES DEPARTEMENTS

DU NORD, DE L’OISE, DU PAS De CALAIS ET DE LA SOMME

 

ENTRE :

 

Les Organisations Professionnelles Agricoles et Forestières concernées par le CANAL SEINE NORD EUROPE représentées:

 

 

Pour le département du Nord par

 

-          M. Bernard PRUVOT, Président de la Chambre d’Agriculture

-          M. Marc RUSCART, Président de la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles)

-          M. Bernard COLLIN, Président du Syndicat des Propriétaires Fonciers

-          M. Raoult MOTTE MOITROUX, Président du Syndicat des Propriétaires Forestiers Sylviculteurs

 

Pour le département du Pas de Calais par :

 

-          M. Jean-Bernard BAYARD, Président de la Chambre d’Agriculture

-          Mme Francine THERET, Présidente de la FDSEA

-          M. Albert LEBRUN, Président du syndicat Départemental de la Propriété Privée Rurale

-          M. Charles du HAYS, Président du Syndicat des Propriétaires Forestiers Sylviculteurs

 

 

Pour le département de la Somme par :

 

-          M. Daniel ROGUET, Président de la Chambre d’Agriculture

-          M. Christophe BUISSET, Président de la FDSEA

-          M. Jean-François MORTIER, Président du syndicat Départemental de la Propriété Privée Rurale

-          M. Hubert LECLERC de HAUTECLOQUE, Président du Syndicat des Propriétaires Forestiers Sylviculteurs

 

Pour le département de l’Oise par :

 

-          M. Jean-Luc POULAIN, Président de la Chambre d’Agriculture

-          M. Luc SMESSAERT, Président de la FDSEA

-          M. Pascal LAROCHE, Président du Syndicat Départemental de la Propriété Privée Rurale

-          M. Denis HARLÉ d’OPHOVE, Président du Syndicat des Propriétaires Forestiers Sylviculteurs

 

Dénommées ci après : « les organisations professionnelles agricoles et forestières (OPAF)»

qui ont désigné pour la négociation du protocole :

 

-          M. Daniel ROGUET

-          M. Jean-Bernard BAYARD

-          M. Jean-Jacques OBJOIS

 

 

D’une part,

 

ET :

 

 

Voies Navigables de France, dont le siège social est : 175 rue Ludovic Boutleux 62408 BETHUNE cedex, dénommées ci-après VNF et agissant en tant que Maître d’Ouvrage du CANAL SEINE NORD EUROPE et à ce titre en cas de litige, seul interlocuteur des personnes visées à l’article 1.3 ci-après et des signataires du présent protocole, représentée par son  Président M François BORDRY,

 

Dénommé ci-après le « maître d’ouvrage »

 

 

 

D’autre part,

 

Il a été convenu ce qui suit :


INTRODUCTION

 

Le présent protocole a pour objet de définir :

entre VNF agissant en tant que Maître d’Ouvrage du CANAL SEINE NORD EUROPE

 

et les Organisations Professionnelles Agricoles et forestières représentatives des propriétaires et des exploitants agricoles et forestiers :

 

-          Les modalités de mise en œuvre, dans un cadre amiable, des occupations temporaires nécessaires à la réalisation du canal Seine-Nord-Europe,

-          les modalités techniques de réalisation des occupations temporaires,

-          un mode opératoire en vue de la remise en état agricole ou forestière des terrains occupés,

-          l’indemnisation des conséquences de l’occupation temporaire des terrains.

 

VNF  associe le plus en amont possible, la profession agricole, au choix des sites destinés à être occupés à usage de dépôts, de manière temporaire ou définitive. Les plans figurant les zones retenues et concernées par les demandes d’Arrêtes Préfectoraux d’Occupation temporaire, sont adressés aux OPAF

VNF veille au strict respect, par toute entreprise en charge de la mise en œuvre de dépôts, d’emprunts ou de tous autres travaux sur des terrains destinés à être remis en état après utilisation, des modalités techniques définies dans le présent protocole.

 

Ø      Opérations visées

 

Il s’agit principalement de toutes les occupations temporaires nécessaires à la réalisation d’un ouvrage linéaire qui, doivent faire l’objet d’un arrêté préfectoral pris en application de la loi du 29 décembre 1892 pour autoriser de façon réglementaire l’occupation temporaire des terrains.

 

Sont notamment visées les opérations suivantes :

 

-          emprunts de matériaux hors des emprises de l’ouvrage,

 

-          dépôts définitifs hors des emprises,

 

-          dépôts provisoires hors des emprises,

-          les fouilles archéologiques : faites par anticipation sur les acquisitions ou prises de possession en cas d’aménagement foncier avec inclusion de l’emprise ; dans ce cas, des mesures conservatoires nécessaires au classement des terres, sont prises,

 

-          les pistes de chantier hors des emprises définitives de l’ouvrage notamment pour l’accès aux emprunts et dépôts,

 

-          Les installations de chantier; lorsqu’elles sont de la responsabilité des maîtres d’œuvre et des entreprises, VNF leur demandera d’appliquer le présent protocole,

 

-          Les dépôts définitifs et temporaires réalisés dans les emprises de l’ouvrages entrent dans le champ d’application du protocole pour ce qui concerne les chapitres 2.1 et 8.

 

Ø      Annexes au présent protocole :

 

Annexe 1 -      Indemnités  « occupations temporaires »

 

Annexe 1.2 -   Indemnités « dégâts aux cultures »

 

Annexe 2 -      Indemnisation des dégâts aux clôtures

 

Annexe 3 -      Convention type extraction de matériaux

 

Annexe 4 -      Etat des lieux avant occupation

 

Annexe 5-1 -   Bulletin occupation temporaire

                                   * indemnité pertes de récolte

* indemnité de privation de jouissance

 

Annexe 5-2 -   Bulletin occupation temporaire

                                   * indemnité de privation de jouissance

 

Annexe 6 -       Fiches de préconisations techniques à l’attention des chefs de chantier

 

Annexe 7 -       Fiches de description des profils pédologiques

 

Les modalités techniques figurant au chapitre 8 du présent protocole, en ce qu’elles concernent les modes de réaménagement des terres de culture ou sylvicole, seront intégrées aux appels d’offre de VNF, et rendues contractuelles dans les marchés nécessitant des occupations temporaires.


 

 

 

CHAPITRE 1 – ROLE DE CHAQUE PARTIE

 

 

 

 

VNF, Maître d’Ouvrage, agit pour la construction du CANAL SEINE NORD EUROPE et, à ce titre, est seul interlocuteur des parties signataires et des personnes visées à l’article 1.3.

 

 

 

 

Les Organisations Professionnelles Agricoles et forestières signataires agissent en tant que :

 

1.      représentant des propriétaires, exploitants agricoles et forestiers et défenseurs de leurs intérêts,

 

2.      organisme technique,

 

3.      interlocuteurs de VNF pour faciliter les occupations temporaires à l’amiable dans le cadre de protocoles approuvés des parties signataires.

 

 

En vue de faciliter l'application de la présente convention, VNF et les Organisations Professionnelles Agricoles et Forestières désignent des responsables locaux destinés à les représenter sur l'ensemble du tracé. Dès que les listes sont établies, les différentes parties signataires se les communiquent. Il en est de même pour leur mise à jour.

 

 

 

 

Ce protocole concerne les propriétaires et exploitants agricoles et forestiers en titre ou les exploitants agricoles en place à la suite d’échanges de culture ou à titre précaire.

 

Il s’applique aux terres de culture ou d’élevage (prés et pâtures) et espaces forestiers.

 

Conformément à la recommandation N°3 émise par la commission d’enquêtes sur le projet de déclaration d’utilité publique du Canal Seine Nord Europe, VNF s’engage :

 

- à limiter les surfaces agricoles soustraites à la culture pour les destiner aux dépôts de terres excédentaires,

 

- à porter une attention particulière sur les zones localisées hors de la bande DUP, susceptibles de recevoir des dépôts de terre comme le proposent certains propriétaires ou collectivités,

 

- à agir en étroite concertation avec les collectivités, les propriétaires et les exploitants pour déterminer les meilleurs emplacements pour ces zones de dépôt.

 

 

 

 

 


CHAPITRE 2 – FONCTIONNEMENT DU PROTOCOLE « OCCUPATIONS TEMPORAIRES AMIABLES »

 

 

Une commission paritaire est créée par département et a pour but d’examiner les dossiers présentés dans le cadre de la réalisation du CANAL SEINE NORD EUROPE et de les instruire dans un cadre amiable.

 

-          sont membres de droit :

 

ü       VNF,

ü       Les Organisations Professionnelles Agricoles et Forestières.

 

-          sont associés en tant que membres consultatifs ou consultants techniques

 

ü       La DDAF en particulier s’il y a des problèmes hydrauliques et dans le cadre de leur saisine en vue d’une enquête hydraulique ;

 

ü      La DRIRE pour les problèmes d’emprunt et dans le cadre de leur saisine en vue d’un arrêté d’exploitation de carrière ;

 

ü      Le Conseil Général, notamment pour les questions relatives à l’Aménagement Foncier ;

 

ü      Le Maire de la commune concernée ;

 

ü      Si besoin l’entrepreneur désigné par VNF pour l’exécution des travaux ;

 

ü      tout expert choisi par l'une des parties.

 

 

- Les propriétaires et exploitants dans le cas où ils demanderaient des compléments d’information.

 

 

La Commission se réunit à la demande de l’un des signataires du présent protocole.

 

Elle a pour mission :

 

1.    d'examiner et d’émettre un avis sur ou de formuler des propositions sur les projets de sites d'occupation temporaire, préalablement à leur inscription dans l’arrêté préfectoral à intervenir et concernant :

              * les dépôts définitifs et temporaires,

              * les  zones d'emprunts,

              * les occupations pour les besoins du chantier : bases travaux, équipements, Génie Civil, déviations routières, etc…,

 

Dans ce cadre, La Commission Paritaire se préoccupe tout particulièrement de favoriser l'occupation prioritaire :

 

* des délaissés d'emprises,

* des zones incultivables,

* des carrières existantes (abandonnées ou même en exploitation),

* des terrains des dernières catégories d’aménagement foncier agricole au sens de l’article R.123-1 du Code Rural,

* des zones de moindre valeur de productivité agricole.

 

2.  d'examiner les litiges relatifs à la bonne application des dispositions du présent protocole et de proposer une solution amiable harmonieuse.

 

3.  d’intervenir dans le suivi des travaux, tel que prévu à l’article 2-7 du présent protocole, et de veiller à la mise en œuvre effective et au respect des prescriptions énumérées aux articles 8-3 et suivants, du présent protocole. Dans ce cadre elle entend le représentant de la structure mise en place par VNF, visé à l’article 2.7, ainsi que le représentant de la Chambre d’Agriculture chargé conformément aux dispositions de l’article 10 de veiller à la mise en œuvre effective des prescriptions énumérées aux articles 8-3 et suivants du présent protocole,

 

La Commission s'attache à :

à        faire part des observations, réserves et modifications éventuelles des emprises des occupations projetées pour éviter des délaissés et des préjudices exceptionnels ;

à        faire respecter les modalités techniques particulières d'exécution et de remise en état, notamment en matière d'étude de sol, de décapage, d'emploi de feutre anti-contaminant, de sous-solage.

Elle a le souci de préserver  et de respecter les terres de cultures dans un objectif de gestion économe des sols et de maintien des surfaces agricoles.

 

 

 

Chaque occupation temporaire amiable présentée au titre du canal fait l’objet d’un dossier constitué sur la base des documents demandés dans le cadre de la loi de 1892, nécessaire à son autorisation par arrêté préfectoral, à savoir :

 

¯      une notice explicative qui devra exposer les points suivants :

 

. objet de l’occupation temporaire (cf. Introduction)

. nature, provenance, composition des matériaux stockés en cas de dépôt

. durée prévue

. un plan parcellaire

. un état parcellaire

 

¯      une notice décrivant les impacts agricoles, forestiers, hydrauliques, en cas de besoin ainsi que les modalités de remise en état agricole des terrains occupés.

 

Une copie du dossier présenté au Préfet, est adressée, en 4 exemplaires, aux OPAF.

 

 

 

 

 

Les Organisations Professionnelles agricoles et forestières ont 15 jours calendaires maximum pour émettre un avis sur le ou les dossiers transmis. La réunion de la commission devant se tenir, dans l’hypothèse d’une saisine telle que visée à l’article 2.2 au plus tard dans les 8 jours qui suivent.

 

Il est convenu qu’en cas d’urgence justifiée, les  signataires traitent le sujet au plus vite (aléas techniques – intempéries non prévisibles) dans un délai de 72 heures, cette procédure ne se substituant pas à la nécessaire autorisation du propriétaire et/ou de l’exploitant concernés.

 

 

 

Au cours des réunions la commission examine les dossiers présentés

 

Ces réunions font l’objet d’un compte rendu écrit établi par VNF et adressé aux OPAF.

 

Les Organisations Professionnelles Agricoles et Forestières ont 10 jours ouvrables pour apporter des observations sur le compte rendu.

En cas de modification d’emprise suite à ces réunions, VNF ou son Maître d’œuvre, mettent à jour les dossiers (plans et états parcellaires) et adressent sous 10 jours les dossiers rectifiés aux OPAF.

 

Afin de conserver la souplesse nécessaire à l’application du présent protocole, il n’est fixé ni de lieu, ni de formalités particulières à ces réunions, qui pourront éventuellement être jumelées avec celles relatives aux prises de possession anticipée.

 

 

Avant travaux et après rendez-vous, pris par VNF, par courrier ou par téléphone confirmé par écrit avec les propriétaires et exploitants concernés, un état des lieux contradictoire est établi entre VNF, les propriétaires et les exploitants présents ou représentés. Entre la date de notification de l’état des lieux et la visite des lieux, un délai de 10 jours est requis. Les OPAF sont informées par VNF des, date, lieu et heure des états des lieux. 

Il est précisé notamment :

 

-          l’état civil et la qualité des personnes présentes

-          la présence et la nature des cultures

-          la présence d’arbres isolés ou en peuplement en précisant leur diamètre moyen, leur essence, leur qualité

-          la présence de clôtures, et tout équipement présent à démolir ou à déplacer signalé par l’une ou l’autre des parties

-          les ouvrages hydrauliques (réseaux de drainage, irrigation, autres…)

-          Les observations faites

-          Les modalités d’accès, l’état des chemins, accompagné d’un dossier photo si nécessaire

-          l'emplacement des bornes cadastrales de limites parcellaires.

-          La situation des parcelles au regard de la PAC et des différents contrats suivants : CTE, CAD, MAE : Natura 2000, JEFS,…) conclus entre l’Etat, les Collectivités et l’exploitant agricole ou forestier.

 

Sont concernés les contrats suivants :

 

CTE : Contrats Territoriaux d’Exploitations

CAD : Contrats d’Agriculture Durable

MAE : Mesures Agro-environnementales

Natura 2000

JEFS : Jachère Environnement Faune Sauvage

Contrats de gestion du territoire

Aides directes à l’investissement forestier

Aides DEFI (travaux forestiers)

 

Les propriétaires et les exploitants peuvent se faire assister de toute personne de leur choix.

 

Pour les états des lieux forestiers, il peut être fait appel à un expert forestier agréé. Le coût d’intervention de celui-ci sera pris en charge par VNF.

 

 

 

 

Cet état des lieux est dressé en 3 exemplaires répartis comme suit :

 

-          1 exemplaire pour le propriétaire (si le propriétaire n’a pu assister à l’état des lieux, VNF lui adresse une copie de celui-ci et un exemplaire du présent protocole)

 

-          1 exemplaire pour l’exploitant

 

-          1 exemplaire pour VNF

 

avec en pièces jointes :

 

-          les données recueillies dans le cadre de l’établissement du diagnostic, de l’état initial tel que prévu à l’article 8-5 du présent protocole

 

-          l’état parcellaire et le plan parcellaire (au 1/1000è) adoptés suite à la réunion de la Commission visée à l’article 2.5.

-          Le bulletin d’indemnité correspondant, est remis à l’exploitant concerné.

 

 

 

L’objectif poursuivi par VNF, étant de restituer à l’agriculture, les sites occupés temporairement et de manière définitive, le maître d’ouvrage met en place une structure dédiée à la surveillance au contrôle et la mise en application des conditions techniques d’utilisation des sites et de leur remise en état. Cette structure travaillera en  relation avec les techniciens désignés par les Chambres d’Agriculture, tels que prévu à l’article 10, pour la mise en œuvre effective et le respect des différentes prescriptions énumérées aux articles 8-3 et suivants du présent protocole.

 

Toutes observations et remarques ou réclamations des propriétaires, des exploitants agricoles ou forestiers concernés sont adressées à VNF, qui les communique à la commission paritaire prévue à l’article 2-1  et qui les diffuse aux maîtres d'œuvre. Les modalités techniques de réaménagement des zones de dépôt et d'emprunt ainsi que les modalités de contrôle et de réception des terrains après travaux, sont précisées aux articles 8-3 à 8-10 du présent protocole.

 

VNF imposera aux entreprises, la mise en place et l’application d’une procédure permettant de les responsabiliser sur le respect des conditions contenues dans le présent protocole notamment en ce qui concerne la remise en état de l’horizon agricole utile.

 

Dans ce cadre, elle devra justifier que les matériaux autres que ceux extraits (matériaux de démolition, enrochements, chaussées…) seront envoyés en décharge et non inclus dans les dépôts provisoires ou définitifs.

 

Les entreprises seront responsabilisées sur l’extraction, la mise en dépôt, la conservation et la reprise de la terre végétale décapée et destinée à la remise en état définitive des sols pour un usage agricole ou forestier.

 

la commission paritaire tel que prévu à l’article 2-1 du présent protocole à partir des constatations effectuées sur le terrain par les Chambres d’Agriculture en application de l’article 10 du présent protocole peut être amenée à se rendre sur place pour constater l’application de ces dispositions et des modes opératoires définis.

 

 

 

Après travaux et avant restitution aux propriétaires et aux exploitants et après convocation par courrier ou par téléphone confirmé par écrit, un état des lieux contradictoire est établi. Entre la date de la notification de l’état des lieux et la visite des lieux, un délai de 10 jours est requis.

Cet état des lieux précise :

 

¯      les réserves éventuelles

 

¯      la date de restitution

 

¯      les « équipements » non rétablis, à indemniser ainsi que le bénéficiaire (propriétaire ou exploitant).

 

avec en pièces jointes :

 

-          les données recueillies dans le cadre de l’établissement du diagnostic après remise en état tel que prévu à l’article 9 du présent protocole.

 

Cet état des lieux est dressé en 3 exemplaires et réparti comme suit :

 

-          1 exemplaire pour le propriétaire

 

-          1 exemplaire pour l’exploitant

 

-          1 exemplaire pour VNF

 

-          Le bulletin d’indemnité correspondant, est remis à l’exploitant concerné.

 

 

 

Après restitution des lieux, compte tenu de l’importance de la surface totale consacrée aux dépôts et à la spécificité des sols concernés, la période de garantie avant quitus, pour le projet du canal Seine-Nord-Europe,  est portée à 5 ans pour les dépôts, les zones d’emprunt et les installations de chantier.

Concernant les boisements implantés sur les terrains occupés, la garantie est de 10 ans.

 

Concernant les réseaux d’irrigation, de drainage, la garantie est de 10 ans. Elle est due par l’entreprise intervenante choisie par les agriculteurs et acceptée par le maître d’ouvrage. La garantie débute à la date de restitution des terrains.

L’entreprise intervenante doit justifier de la souscription d’un contrat d’assurance garantissant sa responsabilité et la remise en état des réseaux sur lesquels elle est intervenue pendant 10 ans à compter de la réception des travaux.

 


 

CHAPITRE 3 – LES INDEMNITES

 

 

 3.1.1 Indemnités au titre de l’exploitation des terres

 

L’ occupation temporaire ne mettant pas fin au bail, le propriétaire continue à percevoir le fermage de son locataire .

 

En principe du fait de l’absence de perte de revenu, le propriétaire ne subit aucun préjudice susceptible d’être indemnisé.

 

Par ailleurs, si l’occupation temporaire entraîne une détérioration ou une dépréciation du bien concerné, le préjudice en résultant doit être indemnisé.

 

3.1.2 Exploitation d’un emprunt

 

L’exploitation d’un emprunt sur un site en occupation temporaire constituant une vente de matériaux, le propriétaire est indemnisé pour l’utilisation du sous-sol de son terrain moyennant la passation entre VNF et le propriétaire d’une convention de fortage selon le modèle joint en annexe 3 et dont les principes sont rappelés ci-après :

 

-          paiement au propriétaire d’une redevance établie au m3 de matériau extrait (hors découverte)

 

-          révision trimestrielle de cette redevance en fonction de l’indice pondéré des prix des granulats de la région concernée

 

-          paiement d’un acompte au jour de la prise de possession des terrains. Acompte à négocier avec le propriétaire

 

-          règlement trimestriel selon les quantités extraites et avec actualisation des prix

 

-          règlement du solde après établissement d’un décompte général et définitif faisant apparaître les quantités extraites et les révisions de prix

 

-          clause de sauvegarde dans le cas où le réaménagement serait de nature à causer au propriétaire et à l’exploitant un préjudice  subsistant à l’expiration du délai de garantie de 5 ans.

 

 

 

3.2.1 Principe

 

Les dommages de travaux engendrés par les occupations temporaires prévues au présent protocole sont indemnisés de la façon suivante :

 

-          indemnité pour perte de récolte et relative aux cultures en place et non récoltées le jour de la prise de possession des terrains

 

-          indemnité de privation de jouissance

 

-          indemnité pour préjudices particuliers exceptionnels

 

-          indemnité pour déficit sur récoltes ultérieures

 

-          indemnité pour arrière-fumures

 

 

3.2.2 Indemnités pour perte de récolte

 

Pour l’ensemble des terrains de culture situés dans l’emprise occupée et pour la période comprise entre les labours ou travail du sol équivalent et la récolte lorsqu’il s’agit de cultures, et systématiquement pour les prairies, une indemnité de perte de récolte est réglée sur la base des barèmes ci-annexés (annexe 1.2).

 

Pour les cultures en place de betteraves et pommes de terre, si l’occupation est effectuée en biais ou perpendiculairement au sens des rangs, la largeur de l’emprise est majorée de 2 x 24 mètres pour déterminer la superficie sur laquelle les indemnités de perte de récoltes sont dues.

 

Pour le maïs et les autres plantes sarclées, ces largeurs de fourrière sont examinées au cas par cas.

 

Cette indemnité est réglée dans un délai de 3 mois à partir de la date d’état des lieux et la signature du bulletin.

 

En cas de retard, la somme due porte intérêt au taux légal en vigueur majoré de 2 points à compter du début du 4è mois.

 

Dans le cas où le barème n’est  pas actualisé à la date de l’état des lieux (et pour les terrains déjà occupés), un acompte est versé sur les bases du barème de l’année précédente, le solde étant versé dans les mêmes délais et avec les mêmes pénalités.

 

Par ailleurs, en cas d’aménagement foncier  avec inclusion, VNF peut recueillir, avant la levée de la récolte en place, l’accord des exploitants en vue d’occuper les terrains sous emprise après la levée de la récolte en place. Dans cette hypothèse, elle verse uniquement une indemnité de privation de jouissance pour l’année culturale à venir ; cette indemnité est réglée avant le 1er octobre.

 

Toutefois, VNF peut intervenir avant la levée de la récolte ; dans ce cas, elle règle également en plus une indemnité de perte de récolte.

 

 

3.2.3. Indemnité  de privation de jouissance

 

Pour la première année :

 

Au jour de la prise de possession ou au plus tard dans les 3 mois de celle-ci, il est réglé aux exploitants dont les terrains n’ont pas été labourés ou n’ont pas fait l’objet d’un travail du sol équivalent une indemnité de privation de jouissance annuelle sur la base du barème ci-annexé (annexe 1).

 

Cette indemnité couvre les préjudices pendant l’année d’occupation et tous les troubles normaux de jouissance liés aux travaux, en particulier ceux découlant de l’urgence de leur réalisation et de la prise de possession rapide des terrains qu’ils nécessitent.

 

Cette indemnité de privation de jouissance n’est pas due si au titre de l’année culturale une indemnité de perte de récolte a déjà été versée.

 

Pour les années suivantes :

 

Pour les années suivant celle de la prise de possession, il est réglé, d’avance aux exploitants dont les terres occupées ne leur ont pas été restituées avant le 1er juillet ou le 1er octobre, date de début d’année culturale indiquée par l’exploitant dans l’état des lieux d‘entrée. La même indemnité de privation de jouissance et dans les mêmes conditions. Cette indemnité est versée avant la même date.

 

Les indemnités annuelles forfaitaires de privation de jouissance couvrent :

 

a)      les charges fixes d’exploitation et les pertes de revenus afférentes

 

Il en résulte notamment que les fermiers continuent à acquitter leur fermage à leur bailleur.

 

b)      les sujétions, perturbations et troubles divers engendrés par la réalisation et la présence de l’ouvrage, notamment :

 

-          les sujétions pouvant éventuellement résulter de la prise de possession rapide des terrains

 

-          les difficultés temporaires d’exploitation du surplus des terrains touchés par l’emprise

 

-          les allongements de parcours de moins de 1 km m (ou 2 km aller-retour) éventuellement subis par l’exploitant évincé des emprises jusqu’à la prise de possession des nouveaux lots parcellaires résultant de l’Aménagement Foncier Agricole.

 

Si, pour une raison quelconque, les paiements ne sont  pas effectués aux dates mentionnées ci-dessus, les sommes dues portent intérêt à partir du lendemain au taux légal en vigueur majoré de 2 points.

 

 

 

 

3.2.4. Préjudices particuliers exceptionnels

 

a)      indemnisation des préjudices particuliers non couverts par l’indemnité visée au 3.2.2. et au 3.2.3.

 

La surcharge des frais d’exploitation ou les pertes d’exploitation inhérentes résultant de la défiguration d’une parcelle ou d’un îlot de culture qui « empêche l’exploitation agricole ou forestière dans des conditions normales de la ou des parties restantes de la dite parcelle  en raison soit de leur dimension, soit de leur configuration, soit de leur condition d’accès », est indemnisée lorsqu’elle n’est pas couverte par les sujétions décrites à l’article 3.2.3.

 

b)      indemnisation des éléments incorporés au sol

 

Les indemnités dues au titre des plantations, clôtures et aménagements divers qui sont incorporés au sol et qui peuvent lui conférer une plus-value, sont prises en compte au moment de la dépossession.

 

VNF accepte de les prendre en considération et de les indemniser s’il y a lieu au propriétaire (ou à l’exploitant, si ce dernier peut apporter la preuve qu’il en a été l’initiateur) dans les mêmes conditions que les indemnités de privation de jouissance.

 

c) indemnisation pour cultures particulières et forestières

 

Les indemnisations dues au titre des cultures spécialisées, des cultures sous contrat et/ou des cultures successives dans une même année culturale, des cultures forestières, font l’objet d’une évaluation particulière soumise au préalable à l’avis des Organisations Professionnelles Agricoles et forestières signataires de la présente convention.

En cas d’occupation temporaire de parcelle boisée, le préjudice sera évalué par un expert agréé dont le coût d’intervention sera pris en charge par le maître d’ouvrage.

 

 

 

 

 

 

d) indemnisation pour situations particulières

 

Feront l’objet d’une évaluation particulière soumise au préalable à l’avis des organisations professionnelles agricoles et forestières en vue de leur indemnisation les situation suivantes :

 

-        les ruptures d’assolement

-        la désorganisation de la conduite d’un élevage (alimentation, stress des animaux, plan d’épandage…)

-        les conséquences négatives sur le fonctionnement, l’approvisionnement et l’amortissement d’équipements spéciaux (stations de conditionnement …)

 

L’intervention éventuelle d’un expert pour effectuer l’évaluation particulière est prise en charge par le maître d’ouvrage.

 

e) indemnisation pour les dommages liés aux travaux 

 

VNF indemnise ou fait indemniser les dommages causés aux propriétés et exploitations riveraines de l’ouvrage du fait ou à l’occasion des travaux de construction et oblige les entreprises travaillant pour son compte à indemniser ces dommages selon les modalités prévues ci-après.

Les dommages sont consignés dans les 5 jours de leur survenance et/ou de leur constatation sur un imprimé de constat à cinq volets, par l’exploitant ou le propriétaire concerné par les dommages qui est contresigné par un des préposés de l’entreprise responsable ou à défaut un représentant de VNF.

-          un volet est transmis au responsable VNF de secteur

-          un volet est transmis au préposé de l’entreprise

-          un volet est transmis au représentant des Organisations Professionnelles Agricoles et forestières signataires

-          les deux derniers volets sont remis au propriétaire et à l’exploitant concernés par les dommages

L’indemnisation se fait selon les modalités et bases retenues dans le cadre du protocole d’indemnisation relatif à l’exécution des travaux d’étude, de topographie et de sondages nécessités par les études et les constructions de l’ouvrage, signé par VNF et les Organisations Professionnelles Agricoles et Forestières.

VNF se substitue d’office à l’entreprise responsable si cette dernière n’a pas payé l’indemnité correspondante dans le délai de 2 mois à compter de la mise en demeure que lui a adressée la victime des dommages.

 

3.2.5 Indemnité pour déficit sur les récoltes ultérieures hors forêt

 

Après restitution des terrains et au titre du déficit sur les récoltes suivantes, il est versé une indemnité. Cette indemnité :

-          couvre forfaitairement la baisse de rendement subie par l’exploitant pendant au moins 3 ans et est calculée sur la base d’une moyenne d’un an et demie de perte de récolte.

 

Son montant figure dans le barème ci-annexé (annexe 1).

 

3.2.6. Indemnité pour arrière fumures

 

Après restitution des terrains et au titre de complément de remise en état chimique du sol, il sera versé une indemnité forfaitaire par hectare occupé sur la base du barème ci-annexé (annexe 1).

 

 

3.3.1 Versement des indemnités

 

-          soit directement par VNF en tant que Maître d’Ouvrage

-          soit sous la responsabilité de VNF

 

dans un délai maximum de 3 mois à compter de la date de signature du bulletin. En cas de retard, la somme due porte intérêt au taux légal en vigueur majoré de 2 points.

 

3.3.2 Calcul des indemnités

 

Les indemnités sont calculées par application à la surface occupée (en hectare) de l’indemnité de base (à l’hectare).

 

 

 

L’indemnité de privation de jouissance est due pour chaque année d’occupation entre les dates précisées au présent protocole. Cette indemnité est acquise à l’exploitant dès que la restitution de la parcelle occupée intervient après le 30 juin ou le 30 septembre, date de fin d’année culturale indiquée par l’exploitant dans l’état des lieux d‘entrée.

 

3.3.3 Paiement des indemnités après restitution des terrains

 

Dans le cas où la parcelle est  comprise dans une opération d’aménagement foncier mais que l’envoi en possession des nouveaux lots à la fin des opérations n’a pas été réalisé lors de la restitution, les indemnités prévues ci-dessus sont payées par tiers, et par année culturale, à l’exploitant en place.

 

Dans les autres cas, le paiement des sommes visées aux articles 3.2.5. et 3.2.6. est versé intégralement après restitution du terrain et l’établissement de l’état des lieux prévu à l’article 2.8. le quitus sur le réaménagement intervient à l’expiration d’un délai de 5 ans .

 

Si la remise en état de sols s’avère défectueuse et ne permet pas une remise en culture normale ou en état de plantation, à l’expiration du délai de 5 ans à compter de la restitution :

-          l’exploitant bénéficie d’une indemnité complémentaire qui est fixée, à défaut d’accord amiable, et après avis de la commission paritaire, à la suite d’une expertise,

-          le propriétaire bénéficie également d’une indemnité fixée, à défaut d’accord amiable, et après avis de la commission paritaire à la suite d’une expertise.

Le coût d’intervention des experts est pris en charge par VNF.

 

3.3.4 Actualisation

 

Sauf disposition particulière applicable au barème départemental, les indemnités prévues au présent protocole ont pour date de valeur et sont actualisées au 1er mai de chaque année en fonction de l’évolution de l’indice général IPAMPA. L’indice d’actualisation sera celui de septembre de l’année précédente. L’indice de base en résultant est celui de septembre 2006 arrêté à 114,6.

 

Le calcul de cette actualisation est effectué chaque année au mois de mai.

 

Au cas où l’évolution de l’IPAMPA conduit à une réduction des indemnités par rapport à celles de la première année du présent protocole, ce dernier barème est appliqué pour l’année considérée.

 

CHAPITRE 4 – LES RESEAUX AGRICOLES

 

 

VNF s’engage expressément à prendre toutes dispositions utiles pour maintenir sur le terrain en cause le bon écoulement des eaux sans perturber les écoulements hydrauliques et les drainages des terres avoisinantes ainsi que le bon fonctionnement des réseaux d’irrigation.

 

 

 

Si un réseau de drainage se situe à proximité et traverse la zone occupée, ce drainage est à reprendre par un collecteur particulier parallèle si la technique le permet, ou un collecteur de ceinture ou à défaut par tout autre moyen susceptible de maintenir le drainage des parcelles drainées non occupées.

 

La restitution des parcelles drainées ne peut intervenir qu’après la réalisation du nouveau réseau d’assainissement. Ce dernier doit être étudié par un géomètre choisi par l’agriculteur intéressé et mis en place par une entreprise spécialisée choisie dans les mêmes conditions. Si l’homme de l’art le juge nécessaire, le drainage de la parcelle peut n’intervenir que dans un délai de 3 à 5 ans qui suit la remise en état.

 

La garantie décennale s’applique aux travaux de drainage effectués conformément aux dispositions figurant à l’article 2-9 du présent protocole.

 

 

Dans le même esprit, VNF s’engage expressément à prendre toutes dispositions utiles pour ne pas perturber l’exploitation des réseaux d’irrigation et des points d’eau existants sur les terres non occupées et à rétablir après restitution des terrains, les aménagements d’irrigation et les points d’eau antérieurs.

La garantie décennale s’applique aux travaux d’irrigation effectués conformément aux dispositions figurant à l’article 2-9 du présent protocole.

 

Les occupations temporaires ne doivent pas aggraver les écoulements hydrauliques existants notamment les terres occupées doivent recevoir les eaux des versants amont et les restituer à l’aval avec comme débit maximum le débit naturel avant travaux.

 

Tout ouvrage perturbé bénéficie de la garantie décennale conformément aux dispositions figurant à l’article 2-9 du présent protocole.

 

 


 

CHAPITRE 5 – MISSIONS D’EXPERTISE DES LABORATOIRES SPECIALISES

 

 

 

Les experts en agro-pédologie sont choisis en accord entre les signataires du présent protocole.

 

Les missions d’expertise et les interventions des laboratoires spécialisés prévues au présent protocole sont missionnées par VNF selon les modalités définies par la commission paritaire et payées par VNF selon ses propres procédures.

 

 


 

 

CHAPITRE 6 – LITIGES

 

 

 

En cas d’échec de la procédure de conciliation conduite par la commission paritaire prévue à l’article 2-1, un expert agricole et foncier et/ou forestier près des Tribunaux Administratifs est choisi en accord entre les signataires du présent protocole en vue d’apporter des éléments complémentaires et de traiter ce litige à l’amiable. Le coût d’intervention de l’expert est pris en charge par VNF.

 

L’expert a pour mission :

 

-          de dire si la parcelle est en état de remise en culture ou de plantation ;

-          de vérifier la bonne application des conditions de remise en culture ou de plantation édictées par la présente convention ;

-          de vérifier si les indemnités définies couvrent bien l’ensemble des préjudices subis par l’exploitant et le propriétaire agricole ou forestier et sont de nature à compenser tous les dommages.

 

 

 

A défaut d’accord des parties signataires, et après échec de la procédure de conciliation ci-dessus exposée, les litiges portant sur l’application du présent protocole relevant des dommages de travaux publics sont portés devant les Tribunaux Administratifs qui sont seuls compétents.

 

 


CHAPITRE 7 – DIVERS

 

 

Si lors de la remise du terrain à l’exploitant ou à l’issue de la période de garantie visée à l’article 2.9, la qualité de la remise en état du réaménagement est de nature à causer au propriétaire un préjudice, VNF indemnisera le propriétaire après expertise si besoin.

 

 

 

L’aide compensatoire est comprise dans les indemnités de perte de récoltes et de privation de jouissance versée par VNF. Il appartient à l’exploitant de procéder à toute déclaration rectificative nécessaire au regard de la réglementation applicable. VNF fournira les attestations et documents nécessaires pour ce faire.

 

15 jours avant toute intervention sur le terrain, le maître d’ouvrage s’engage à fournir aux exploitants tous les éléments nécessaires sur la localisation des travaux (références cadastrales) sur les superficies concernées, sur la période durant laquelle les interventions sont prévues afin que l’exploitant puisse effectuer les démarches nécessaires auprès de la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt.

 

A cet effet, il remet à l’exploitant :

 

  1. un plan, échelle 1/5000, sur lequel figure précisément les zones concernées par ces travaux,
  2. un état mentionnant exactement la localisation et la superficie des zones concernées par les travaux,
  3. un exemplaire de l’imprimé administratif nécessaire à l’exploitant pour notifier à la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt les modifications intervenues du fait des travaux,
  4. un copie de l’acte administratif autorisant l’occupation des terrains.

 

L’exploitant de son côté indique au maître d’ouvrage la situation de la parcelle concernée par les travaux au regard de la PAC.

 

Si les interventions du maître d’ouvrage concernent des terrains gelés dans le cadre de la PAC ou des terrains concernés par des mesures liées à la conditionnalité des aides dans le cadre de la PAC, les pénalités encourues par l’exploitant du fait du non-respect du pourcentage de gel ou du fait du non-respect de la conditionnalité des aides, sont compensées par le maître d’ouvrage.

 

Conformément à la note d’information ministérielle, PAC-2007-12, la réserve nationale s’engage à octroyer aux exploitants agricoles concernés par la réalisation d’un ouvrage déclaré d’utilité publique, un nombre de DPU équivalent à ceux auxquels ils ont renoncé lors de l’occupation temporaire de leurs parcelles, la valeur unitaire de ceux-ci étant plafonnée à la valeur moyenne départementale des DPU.

 

Si une différence de valeur au niveau des DPU est constatée entre le moment du placement en réserve, calculée sur la base des droits individuels historiques et celles de la récupération calculée sur la valeur moyenne des DPU du département concerné, VNF versera une indemnité correspondant à la différence de valeur unitaire constatée entre la mise en réserve et la récupération des DPU. Celle-ci sera multipliée par le nombre d’années restant à courir dans le cadre des dispositions réglementaires applicables en la matière.

 

Les parties signataires conviennent de se rencontrer pour adapter le présent article aux dispositions nouvelles résultant de l’évolution de la réglementation régissant le dispositif des aides couplées et découplées à l’agriculture.

 

 

 

Sont notamment concernés les CTE (Contrats Territoriaux d’Exploitation), CAD (Contrats d’Agriculture Durable), Contrats de Gestion du Territoire et tous contrats MAE (Mesures Agro-Environnementales) : Natura 2000, JEFS (Jachère Environnement Faune Sauvage), les aides directes à l’investissement forestier, les aides DEFI travaux, …)

Le maître d’ouvrage s’engage à fournir aux exploitants tous les éléments nécessaires à la localisation des travaux (références cadastrales) sur les superficies concernées, pour la période durant laquelle les interventions sont prévues afin que l’exploitant puisse effectuer les démarches nécessaires auprès des autorités compétentes.

A cet effet, il remet à l’exploitant :

 

1)      un plan, échelle 1/5000, sur lequel figure précisément les zones concernées par les travaux,

 

2)      un état mentionnant exactement la localisation et la superficie des zones concernées par les travaux.

 

Ces éléments seront communiqués par l’exploitant aux autorités compétentes.

L’exploitant de son côté communique au maître d’ouvrage les engagements contractuels souscrits sur la parcelle.

 

Si du fait de la réalisation des occupations, le remboursement des aides assorti éventuellement de pénalités et intérêts, est exigé d’un exploitant, celui-ci ne pouvant respecter les obligations souscrites, le maître d’ouvrage compense ce remboursement et les éventuelles pénalités et intérêts.

 

 

VNF s’engage à faire face aux obligations et paiement des indemnités résultant de l’application du présent protocole, même après la liquidation des opérations de construction.

 

Pour la mise en œuvre de cette disposition, VNF communique aux Organisations Professionnelles Agricoles et Forestières les coordonnées de l’interlocuteur habilité à les représenter.

Les signataires conviennent de se rencontrer chaque année pendant une période de 10 ans à compter de la mise en service de l’ouvrage pour examiner et apporter des solutions aux éventuelles difficultés susceptibles de survenir.

 

 

VNF établissement public provisionne dans ses comptes le coût de la remise en état agricole et forestière du site après exploitation. VNF fournit aux OPAF, aux propriétaires et à l’exploitant les justificatifs concernant cette provision.

 

 

 

VNF s’engage à faire respecter par son ou ses partenaire(s) privé(s) l’intégralité des dispositions figurant dans le présent protocole.

 

 

 

Les dispositions figurant dans le présent protocole sont applicables pendant toute la durée de construction du Canal Seine Nord Europe, et jusqu’à l’expiration des périodes de garanties et délais visés aux articles 2-9 et 7-4 du présent protocole.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2ème partie

 

 

TECHNIQUE

 

 

 

 

 


 

 

CHAPITRE 8 – LES MODALITES TECHNIQUES

 

 

L’expérience a prouvé en cas de travaux liés à des occupations temporaires que des précautions techniques doivent être prises pour que les terrains agricoles ou forestiers occupés soient remis en état et restitués à leur propriétaire et/ou exploitant avec l’objectif de récupérer les potentialités agronomiques initiales à terme de 3 ans. Rappelons ici que les indemnités exposées aux articles 3.2.5 et 3.2.6 couvrent les pertes de rendement des 3 premières années.

 

Le constat de pertes, déficits éventuels sur des récoltes au-delà de ces trois dernières années après restitution, sera indemnisé selon les barèmes en vigueur dans chaque département.

 

Les articles ci-après traitent les principales modalités techniques relatives aux différents types d’occupation.

 

 

8.2.1  Occupation pour des emprunts de matériaux.

 

Les zones d’emprunt sont définies par l’aptitude du sous-sol à fournir des matériaux de qualité adaptés à la construction de l’ouvrage.

 

Les dossiers d’emprunt sont établis conformément à la réglementation sur les carrières, ils sont soumis préalablement à l’obtention d’un arrêté préfectoral d’occupation temporaire même si l’occupation des terrains peut être obtenue à l’amiable.


 

8.2.2 Occupation pour des dépôts définitifs

 

Les dépôts définitifs occupent généralement des surfaces sur lesquelles le remaniement est important.

 

Ces zones de dépôt sont généralement acquises par VNF préalablement aux travaux et remises en état après utilisation.

 

L’ensemble des propriétaires et  exploitants agricoles et forestiers d’un dépôt conserve néanmoins la possibilité d’en demander la réalisation sous le régime de l’occupation temporaire d’un commun accord

 

Dans tous les cas, VNF s’engage à maintenir l’application des prescriptions relatives à la remise en état des sites concernés figurant aux articles 8-3 à 8-10 du présent protocole.

 

La localisation des zones de dépôts définitifs est déterminée en fonction des études d’insertion dans le site (topographique, écoulement des eaux, moindre valeur agronomique, moindre valeur forestière…).

 

            8.2.2-1. En l’absence d’aménagement foncier avec inclusion d’emprise ou en cas de réalisation d’un aménagement avec exclusion de l’emprise

 

 En cas d’absence d’aménagement foncier rural et forestier ou de réalisation d’un aménagement avec exclusion de l’emprise, le propriétaire initial, sauf option contraire, dispose à la fin de l’occupation et après remise en état agricole, du droit de rétrocession prévu par le code de l’expropriation.

Pour les terrains situés hors du champ d’application de la déclaration d’utilité publique, une clause de rétrocession en faveur du vendeur est systématiquement introduite dans l’acte de vente.

 

S’il exerce cette faculté, le propriétaire doit consentir, en priorité à son ancien locataire, un bail rural sur la ou les parcelles rétrocédées.

L’exploitant fermier peut se substituer à l’ancien propriétaire des lieux si ce dernier n’exerce pas cette possibilité de rétrocession.

 

 

8.2.2-2- Réalisation d’un aménagement foncier avec inclusion d’emprise

 

En cas d’aménagement foncier rural avec inclusion d’emprise, les conditions de la rétrocession sont laissées à l’appréciation des signataires du protocole.

 

 

8.2.2-3- Obligation du maître d’ouvrage en matière d’aménagement

 

Les zones de dépôts définitifs, sont considérées comme terrains d’emprise pour la détermination des superficies à réaménager, lui incombant conformément aux dispositions du code rural en la matière.


8.2.3 Occupation pour les dépôts temporaires (dépôts provisoires de matériaux)

 

Ce sont des zones occupées pour des dépôts provisoires de matériaux agricoles : terre de décapage, déblais, etc…

 

 


La localisation des zones de dépôts temporaires est déterminée en fonction de l’aptitude des sols à supporter le tassement consécutif aux apports de terres.

 

L’aptitude des sols à supporter les tassements est définie par des experts désignés et rémunérés conformément aux prescriptions figurant au chapitre 5 du présent protocole.

 

8.2.4  Occupation pour les besoins du chantier

 

Il s’agit de surfaces utilisées de façon intensive pour les besoins des chantiers comportant un risque de tassement important (centrales à béton, pistes, et autres installations de chantier, déviations provisoires, etc…).

 

 

 

 

 

 

 

 

 


8.2.5 Occupation pour des fouilles archéologiques.

 

 

Les évaluations et les fouilles archéologiques sont à réaliser dans les emprises futures.

 

Les évaluations concernent surtout la recherche de sites et intéressent en général le premier mètre (0,60 m environ).

 

Les fouilles sont un approfondissement local des évaluations, là où les vestiges trouvés le justifient.

 

Pour les évaluations, les « tranchées » sont réalisées en une seule étape et les terres mises en cordon.

Elles sont comblées au fur et à mesure de l’avancement de la reconnaissance par le maître d’ouvrage pour des raisons de sécurité et afin de ne pas créer de coupure dans l'exploitation des terrains. Elles font l’objet d’une remise en état agricole conformément aux modalités techniques figurant aux articles 8-3 à 8-10 du présent protocole.

 

 

 

 


8.2.6  Occupation dans les prairies

 

Si l’occupation temporaire doit être effectuée à l’intérieur de prairies, le maître d’ouvrage prévient l’exploitant. Toute clôture endommagée ou ouverte est immédiatement rétablie de façon provisoire et suffisamment efficace pour éviter la divagation des animaux. A défaut, toute divagation d’animaux engage la responsabilité du maître d’ouvrage, tant pour les dommages occasionnés aux animaux que pour ceux causés à des tiers. A tout moment l’alimentation en eau des animaux est maintenue. A la fin des travaux, l’exploitant peut soit rétablir les clôtures endommagées ; dans ce cas, il est indemnisé selon les conditions et sur les bases précisées en annexe 2 ; soit demander au maître d’ouvrage de rétablir les clôtures endommagées, dans ce cas la remise en état des clôtures est effectuée en appliquant les spécifications et les caractéristiques définies à l’annexe 2 du présent protocole.

 

 

 

Pour chacun des types d’occupation temporaire énumérés à l’article 8.2., la démarche est identique et se déroule par étapes :

 

  1. Diagnostic de l’état initial : état des lieux qui sert de référence et permet d’orienter les actions à suivre.

 

  1.  Prescriptions techniques avant travaux : mode opératoire prescrit pour le décapage des couches de sol et leur mise en réserve (production d’un document des prescriptions techniques à suivre).

 

  1. Prescriptions techniques en cours d’occupation et d’utilisation.

 

  1. Prescriptions techniques pour la remise en état et la restitution agricole : mode opératoire prescrit pour la reconstitution des sols (production d’un document des prescriptions techniques à suivre)

 

  1. Diagnostic après remise en état : état des lieux après remise en état.

 

 

Certaines phases donnent lieu à une visite sur place avec l’expert et les parties (maître d’ouvrage, propriétaire, exploitant, OPAF). A l’issue de celle-ci, un document de prescriptions techniques à suivre par les responsables des chantiers est établi.

 

Le contenu de chaque phase, pour chaque type d’occupation temporaire, est précisé dans la suite du document.

 

 

 

La bonne réalisation des différentes phases de travaux et la coordination entre les responsables de chantier, les exploitants, propriétaires et les services techniques du maître d’ouvrage nécessitent la programmation d’une formation sur le thème de l’agronomie et de la remise en état des terrains.

 

 

Pour tous les types d’occupation temporaire, le diagnostic d’état initial a deux fonctions :

 

  1. établir un état de référence qui permettra de juger la qualité de la remise en état des terres en fin d’occupation,
  2. fournir des éléments nécessaires à la définition des prescriptions techniques à mettre en œuvre avant, pendant et après l’occupation.

 

8.5.1  Occupation temporaire pour des dépôts définitifs

 

Surface sur laquelle le remaniement est important avec des opérations de remblais définitifs

 

8.5.1-1. Topographie et géologie

 

Données à recueillir : 

 

-          Levé topographique de la situation existante au 1/1000ème.

-          Recueil des données géologiques.

 

Méthode préconisée :

 

-          le levé topographique peut être réalisé en même temps que les mesures de résistivité qui sont préconisées pour la reconnaissance pédologique et qui font appel à une localisation dans les 3 dimensions par GPS (cf. paragraphe « reconnaissance pédologique ») ;

 

-          Exploitation des cartes géologiques au 50 000ème éditées par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et données plus précises si disponibles, en particulier résultats des sondages préalables réalisés par VNF.

 

8.5.1-2 Reconnaissance  hydro-géologique

 

Cette démarche est parfois sans objet (cas du dépôt nettement mis hors d’eau par le relief),  parfois légère ou au contraire approfondie selon le contexte hydro-géologique.

Elle a pour objet de fixer le niveau des plus hautes eaux (PHE) décennales, pouvant périodiquement inonder le site.

 

C’est par rapport au plan de ces hautes eaux souterraines ou de surface que le niveau minimum du sol à réaménager en état de culture est fixé.

 

Méthode préconisée :

 

Un organisme spécialisé [1] choisi d’un commun accord entre les parties :

-          recueille les données des limnigraphes suivis alentour.

-          fixe pour ces références l’altitude des PHE décennales.

-          en déduit cette altitude sur le site lui-même :

                . soit directement dans les cas simples ;

                . soit après installation et suivi de piézomètre(s) sur le site (6 mois environ).

-          se renseigne sur les projets envisagés susceptibles de remettre en cause à terme cette évaluation.

-          fait le lien avec les informations recueillies en cas d’hydromorphie mise en évidence lors de l’étude pédologique, voir ci-dessous.

 

 

8.5.1-3. Reconnaissance pédologique

 

Elle a pour objet de préciser :

-          les épaisseurs de sol, et des différents horizons constitutifs ;

-          les caractéristiques physiques de la couche humifère et de la sous-couche : éléments grossiers, granulométrie et densité apparente ;

-          les caractéristiques chimiques de la couche humifère (valeur agricole et sanitaire : éléments fertilisants,  éléments traces métalliques) ;

-          les aptitudes agronomiques :  vitesse de ressuyage, stabilité structurale.

 

Méthodes préconisées :

 

-          Une reconnaissance initiale des différentes zones pédologiques pourra être établie sur la base de mesures de résistivité des sols.

-          Dans chaque zone identifiée un profil de sol d’au moins 1,5 m de profondeur (sauf arrêt sur roche-mère) sera réalisé pour recueillir les données listées précédemment.

-          Si le terrain occupé est une propriété forestière, chaque zone identifiée fera l’objet de plusieurs sondages pour bien caractériser la potentialité du sol notamment au niveau de sa richesse chimique et de son alimentation hydrique. Ces sondages tiendront compte de la topographie des lieux

-          Prélèvements de sol à réaliser pour analyses physiques et chimiques (leur nombre sera dépendant de l’homogénéité du terrain).

-          Densités apparentes par la méthode du cylindre (ou méthode à l’eau dans les sols caillouteux).

-          Les données d’aptitude agronomique seront renseignées par les experts et par dire des exploitants.

 

Compte-rendu :

 

les résultats seront reportés :

-          sur des cartes indiquant :

o        les types de sols présents,

o        la position des  fosses d’observation des profils pédologiques,

o        les épaisseurs des horizons (humifère et sous-couche).

 

-          et dans un tableau récapitulant les résultats des analyses et mesures.

8.5.1-4. Analyse des écoulements d’eaux (superficiels ou sub-superficiels)

 

Identification des éléments du réseau hydraulique de surface faisant l’objet d’écoulements temporaires ou permanents, superficiels ou sub-superficiels (fossés, talwegs, réseaux de drainage…), reportés sur carte topographique au 1/1000ème déjà établie.

 

 

8.5.1-5. Conditions d’exploitation agricole

 

Recueil de données concernant le mode d’exploitation, les conditions d’exploitation et la productivité des parcelles :

 

-          Rotation culturale sur les 5 dernières années minimum,

-          Niveau de production (rendement potentiel par culture),

-          Présence et identification de productions particulières (légumes, pommes de terre, …),

-          Présence de drainage,

-          Présence d’irrigation,

-          Existence d’engagements contractuels (ex : mesures agri environnementales, contrats de production,…),

-          Existence d’un plan d’épandage d’effluents organiques sur la parcelle.

 

Recueil de données concernant les conditions d’exploitation pour les parcelles forestières :

 

-          Liste et proportion des essences forestières présentes,

-          Diamètre moyen des essences,

-          Hauteur et circonférence des arbres,

-          Densité,

-          Mode de gestion,

-          Niveau de production (rendement potentiel par parcelles),

-          Présence de drainage,

-          Existence d’engagements contractuels : (aides forestières, contrats Natura 2000, etc. )

 

Méthode préconisée

 

-          Questionnaire (cf. paragraphe « outils et méthode »)

 

 

8.5.2 Occupation temporaire pour des dépôts provisoires

 

Surfaces utilisées pour des dépôts provisoires de matériaux agricoles (terre végétale et sous-couches).

 

Le diagnostic initial est identique à celui décrit pour les dépôts définitifs (art. 8.5.1).

 

8.5.3 Occupation temporaire pour les besoins du chantier

 

Surfaces utilisées de façon intensive pour les besoins du chantier avec risque de tassement important.

 

Le diagnostic initial est identique à celui prévu décrit pour les dépôts définitifs (art. 8.5.1), avec une attention spécifique vis à vis de la qualité initiale du sol sur les plans sanitaire et environnemental, en raison du risque de pollution chimique en cours d’occupation : un complément d’analyse chimique sera réalisé : hydrocarbures et composés traces organiques.

 

 

8.5.4 Diagnostic initial pour les cas de fouilles archéologiques

8.5.4.-1. Reconnaissance pédologique

 

Elle a pour objet de vérifier :

-          les épaisseurs de sol : terre végétale et sous-couche

Méthode préconisée :

 

-          Une reconnaissance des différentes zones pédologiques pourra être  établie sur la base de mesures de résistivité des sols.

 

-          Dans chaque zone identifiée un profil de sol d'au moins 1 m de profondeur (sauf arrêt sur roche-mère) sera réalisé pour recueillir les informations concernant l'épaisseur des horizons pédologiques.

 

 

 

Préalablement à l’occupation temporaire des parcelles, une réunion de terrain est organisée par le maître d’ouvrage. L’expert, les propriétaires et les exploitants sont invités par VNF à participer à celle-ci. A l’issue de cette rencontre, un document récapitulant les prescriptions techniques à respecter, est établi.

 

8.6.1. Occupation temporaire pour des dépôts définitifs

 

La préparation des surfaces avant travaux consiste en un décapage superficiel du terrain. Celui-ci est réalisé en une ou plusieurs couches selon les matériaux identifiés lors du diagnostic d’état initial et en suivant les préconisations fournies par l’expert.

 

-    La première couche (terre végétale ou horizon humifère) est décapée sur une épaisseur définie par l’expert. Le décapage est effectué en conditions ressuyées, par temps sec, au moyen d’engins à chenilles.

-    La deuxième couche (sous-couche) est traitée de la même façon que la première sur une épaisseur définie par l’expert et selon les besoins en volume de terre pour la remise en état finale.

 

Ces terres sont stockées de façon séparée en cordons, modelées et légèrement compactées en surface pour éviter la pénétration de l’eau.

 

Les engins utilisés habituellement pour ce genre de tâche sont montés sur chenilles : bouteurs, pelles mécaniques et chargeurs.

 

Ces dépôts provisoires ne doivent pas être circulés.

 

Pratiques à éviter :

 

-          Réalisation des travaux sur sol détrempé, par exemple par temps pluvieux ou si la nappe en position haute vient au contact des horizons à décaper, car le malaxage dans des conditions d’imbibation déstructure le sol,

-          Utilisation de la surface à découvrir comme plan de roulement pour les véhicules et engins susceptibles de tasser la couche humifère en plaque compacte, hors besoins liés directement aux opérations de décapage,

-          Refoulement sur des distances supérieures à 10 mètres pour éviter de porter atteinte à la consistance de la terre par des mouvements de pression excessive ou d’écrasement,

-          Utilisation du moto scraper, car ses pneus forment des bancs de tassement par leurs passages répétés. Par ailleurs, cet engin maîtrise mal la régularité du décapage d’une couche d’épaisseur inférieure à 40 cm.

 

 

8.6.2 Occupation temporaire pour des dépôts provisoires

 

Déroulage d’une couche de paille en surface du sol récepteur avant constitution du dépôt, dans le but de mettre en place une séparation du sol en place vis à vis des matériaux déposés.

 

 

8.6.3 .Occupation temporaire pour les besoins du chantier

 

Décapage des couches de sols selon la procédure décrite pour les occupations temporaires et les dépôts définitifs (art. 8.6.1.) en ajoutant l’installation d’une géo-membrane sur fond de décapage pour limiter le lessivage de polluant.

 

 

8.6.4 . Emprunts de matériaux

 

Décapage des couches de sol selon la procédure décrite pour les occupations temporaires et les dépôts définitifs (art.8.6.1.)

 

 

8.6.5. Occupations pour les fouilles archéologiques

 

Les modalités habituelles de préparation des terrains dans le cas des opérations d’archéologie préventive sont les suivantes : tranchées d’environ 1 m de largeur et 40 cm de profondeur, parallèles et espacées d’une vingtaine de mètres les unes des autres.

 

Les prescriptions ci-après viennent préciser la façon de procéder :

 

 

 

Pour éviter le mélange des horizons (terre végétale et sous-couche) il est nécessaire de procéder en deux temps :

 

-          décapage  de la couche de terre végétale (horizon humifère), dont la profondeur est déterminée et fournie par l’expert selon les résultats du diagnostic initial.

-          décapage d’une deuxième couche jusqu’à la profondeur utile pour les fouilles.

 

Les différents décapages doivent être effectués en conditions ressuyées, par temps sec, au moyen d’engins à chenilles.

 

Terre végétale et sous-couche sont stockées en cordons séparés de chaque côté des tranchées.

 

Ces dépôts provisoires ne doivent pas être circulés.

 

 

 

8.7.1  Occupations temporaires pour des dépôts définitifs, pour les dépôts provisoires, pour les besoins du chantier, pour les emprunts de matériaux

 

Maintenir la propreté et la qualité des terrains occupés (maîtriser le développement des mauvaises herbes et les dépôts sauvages).

 

Le maître d’ouvrage consultera le service technique de la Chambre d’Agriculture sur les moyens à mettre en œuvre pour se conformer à cette obligation d’entretien des sites de dépôts.

 

Pour les zones occupées non utilisées (délaissées temporaires), un couvert végétal herbacé, pérenne, est semé pour la durée des travaux (exception faite des parcelles déjà en prairie).

 

8.7.2 Occupations pour les fouilles archéologiques

 

Le comblement des tranchées est réalisé au fur et à mesure de la prospection en respectant l’ordre des horizons de sol.

 

 

Dans le cas d’études détaillées et d’approfondissement de fouilles les horizons de sol extraits seront à stocker de façon différenciée comme pour le creusement des tranchées.

Leur comblement est également effectué au fur et à mesure de l’avancement des fouilles.

 

 

8.8.1 Occupation temporaire pour des dépôts définitifs et les emprunts de matériaux

 

Cette opération est de la responsabilité de VNF ou de l’entreprise à laquelle VNF a confié les travaux selon un plan de ré-aménagement validé par les parties.

 

Ce plan de ré-aménagement intégrera notamment les prescriptions suivantes :

 

-          soubassement dressé de façon à faciliter l’écoulement des eaux d’infiltration sans créer de rétention préjudiciable à la remise en état du site. Une pente suffisante doit être prévue (3 à

      5 %),

 

-          si le soubassement est imperméable ou/et s’il n’est pas possible de créer une pente suffisante, un réseau de drainage sera mis en place au niveau de ce soubassement,

 

-          la couche finale du soubassement est nivelée pour éviter :

. tout saillant susceptible de gêner le passage des outils agricoles,

. toute cuvette de rétention des eaux.

 

-          un sous-solage dans le sens de la ligne de plus grande pente s'avérera souvent utile pour favoriser la continuité hydraulique et limiter les ruptures de porosité entre le remblai et les couches de terre à régaler ultérieurement. Cette question devra être systématiquement étudiée et résolue lors de la 1ère visite de chantier à suivre.

Ce sous-solage se fera impérativement par temps sec, sur terrain ressuyé. L’épaisseur à sous-soler est déterminée et fournie par l’expert.

 

Dans l’hypothèse d’un réaménagement à des fins forestières, une attention toute particulière sera apportée au maintien du régime hydrique existant des parcelles concernées par les travaux et des parcelles attenantes. En effet, les essences forestières sont particulièrement sensibles aux modifications affectant le système hydrique.

-          Régalage des horizons préalablement décapés.

 

  1. Visite sur le chantier avec l’expert et les parties (maître d’ouvrage, propriétaires, exploitants, OPAF) visant à :
    1. vérifier la bonne réalisation du soubassement,
    2. déterminer précisément la période et les modalités pratiques de la réalisation des travaux de régalage.

Ä la sous-couche stockée est régalée sur terrain ressuyé par des engins à impact de tassement faible. Un léger décompactage peut s’avérer nécessaire selon la qualité du travail et le matériau, avec du matériel agricole ou forestier  muni de pneus basses pressions.

 

  1. Seconde visite de chantier avec l’expert et les parties (maître d’ouvrage, propriétaires, exploitants, OPAF) visant à :
    1. vérifier la bonne réalisation du régalage de la sous-couche,
    2. déterminer précisément la période et les modalités pratiques de la réalisation des travaux du régalage de terre végétale.

Ä régalage de la terre végétale stockée sur la sous-couche, en terrain ressuyé, par des engins à impact de tassement faible.

Les niveaux topographiques après régalage doivent être aux côtes fixées au plan de réaménagement.

 

-          Implantation d’un couvert végétal herbacé en attente de la remise en culture si le terrain est restitué à contre-saison ou ré-implantation d’une prairie si telle était l’occupation initiale. Les espèces végétales à implanter dans ces deux cas relèvent du choix de l’exploitant agricole.

 

8.8.2 Occupation temporaire pour des dépôts provisoires

 

Dans ce cas de figure, les travaux de remise en état sont normalement limités mais toujours déterminés par l’expert après visite sur le terrain :

-          vérifier que la reprise des matériaux déposés s’est opérée en respectant la limite marquée par la couche de paille étalée initialement en surface du sol et vérifier le nivellement ;

-          décompacter si besoin.

-          Implantation d’un couvert végétal herbacé en attente de la remise en culture si le terrain est restitué à contre-saison ou ré-implantation d’une prairie si telle était l’occupation initiale. Les espèces végétales à implanter dans ces deux cas relèvent du choix de l’exploitant agricole.

 

8.8.3 .Occupations temporaires pour les besoins du chantier

 

Les prescriptions à suivre dans ce cas sont identiques à celles décrites pour les dépôts définitifs et les emprunts de matériaux (art.8.8.1.), en vérifiant que les matériaux rapportés ont été retirés, sans oublier l’enlèvement de la géo membrane.

 

8.8.4 .Prescriptions à respecter en cas de boisement ou de reboisement

 

En cas de boisement ou de reboisement des sols occupés, VNF en accord avec les propriétaires désignera un expert forestier pour que celui-ci propose en fonction du nouveau contexte pédologique et topographique un type de plantation approprié, notamment au niveau des essences.

Dans cette hypothèse, l’installation d’une haie brise vente pour protéger la nouvelle plantation, pourra être prescrite par l’expert forestier.

Les coûts de l’intervention de l’expert et de la plantation seront pris en charge par VNF.

 

 

 

Ce diagnostic a pour but de vérifier la conformité de la remise en état.

 

9.1 Occupation temporaire pour des dépôts définitifs, les zones de chantier et les emprunts de matériaux

 

9.1.-1. Topographie

 

Levée topographique au 1/1000ème

 

Méthode préconisée :

 

la levée topographique peut être réalisée en même temps que les mesures de résistivité qui font appel à une localisation dans les 3 dimensions par GPS (précision à 20 - 30 cm près) ou par DGPS.

 

 

9.1.-2. Reconnaissance pédologique

 

Elle a pour objet de vérifier :

-          les épaisseurs de sol : terre végétale et sous-couche

-          les caractéristiques physiques : éléments grossiers, granulométrie et densité apparente

-          les caractéristiques chimiques (valeur agricole et sanitaire : éléments fertilisants,  éléments traces métalliques)

-          aptitude agronomique : l'expertise vise ici à caractériser les fonctions agronomiques essentielles du sol : aptitude à la pénétration racinaire, capacité d'infiltration, réserve en eau utile, stabilité structurale.

-          L’absence de déchets (inertes, plastiques, …)

 

Méthode préconisée :

 

-          Une reconnaissance des différentes zones pédologiques pourra être  établie sur la base de mesures de résistivité des sols.

-          Dans chaque zone identifiée un profil de sol d’au moins 1,5 m de profondeur (sauf arrêt sur roche-mère) sera réalisé pour recueillir les données listées précédemment.

-          Prélèvements de sol à réaliser pour analyses physiques et chimiques (leur nombre sera dépendant de l’homogénéité du terrain).

-          Densités apparentes par la méthode du cylindre (à l’eau dans les sols caillouteux).

-          Les données d’aptitude agronomique seront renseignées par les experts et par dire des exploitants.

-          Aptitudes agronomiques : ces caractéristiques seront évaluées à partir des observations morphologiques sur profil de sol. Si l'expert juge qu'il est nécessaire de pousser plus loin la caractérisation, il pourra y avoir :

o       réalisation de tests capacité d'infiltration avec infiltromètre ;

o        réalisation de tests de stabilité structurale en laboratoire.

(cf. § méthodes et outils)

 

Compte-Rendu :

les résultats seront reportés :

-          sur cartes indiquant :

o        la position des  fosses d’observation des profils pédologiques ,

o        les épaisseurs des horizons (humifère et sous-couche).

-          et dans un tableau récapitulant les résultats des analyses et mesures.

9.1.-3. Analyse des écoulements des eaux superficielles ou sub-superficielles

 

Identification des éléments du réseau hydraulique de surface faisant l’objet d’écoulements temporaires ou permanents , superficiels ou sub-superficiels (fossé, talweg, réseaux de drainage…), reportés sur un plan au 1/5000.

 

9.1.-4. Suivi des conditions d’exploitation agricole pendant 5 ans

 

Recueil de données concernant le mode d’exploitation, les conditions d’exploitation et la productivité des parcelles :

 

-          Rotation culturale sur 5 ans,

-          Enregistrement des interventions culturales,

-          Niveau de production (rendement moyen par culture),

-          Enregistrement des observations sur un éventuel comportement anormal du sol après restitution.

 

9.1.-5. Suivi des conditions de production forestière pendant 10 ans

 

Recueil de données concernant le mode de gestion et la productivité des parcelles

 

-          Productivité des parcelles sur 10 ans,

-          Enregistrement des interventions sylvicoles,

-          Niveau de productivité forestière,

-          Enregistrement des observations sur le comportement anormal du sol.

 

 

 

Le contrôle sur le terrain de la mise en œuvre effective et du respect des différentes prescriptions énumérées aux articles 8-3 et suivants du présent protocole, sera assuré par les Chambres d’Agriculture. Le coût de cette intervention sera supporté par VNF. Une convention particulière précisant les modalités pratiques et financières de cette prestation, sera établie entre VNF et chaque Chambre d’Agriculture concernée.

 

 

 

11.1 . Description d’un sol agricole ou forestier

 

Le sol est le support de la production végétale. Il assure un double rôle d’ancrage des plantes par leur système racinaire, ainsi que d’alimentation en eau et en éléments nutritifs (N, P, K, Ca, Mg, oligo-éléments…).

La formation d’un sol, ou pédogenèse, est un processus long qui se compte en milliers voire en dizaines de milliers d’années. C’est le résultat :

-          de l’altération d’une roche mère (craie, schiste, …) par le climat (gel , eau, …) et les organismes vivants,

-          d’apports et/ou de départs éventuels de matériaux : rôles du vent (limons éoliens), de la colonisation par les végétaux (matière organique), de l’eau (alluvions, colluvions, lessivage des argiles)...

-          de l’action de l’homme (hydraulique, occupation du sol…)

Cette pédogénèse aboutit à différents types de sols qui se caractérisent par une succession précise d’horizons (couches horizontales de sol) de nature physico-chimique et d’épaisseur données, reposant sur un matériau parental. Chaque horizon se caractérise ainsi par trois grandes composantes :

physique : texture (proportions de limons, sables, argiles), carbonates de calcium, charge en cailloux, structure et porosité (agencement des agrégats de sol), circulation de l’eau,

chimique : pH, teneurs en matière organique, en éléments fertilisants majeurs (N, P, K, Ca, Mg), en oligo-éléments (Cu, Zn, Mn…), voire en polluants (Pb, Cd, PCB, HAP…)

biologique : le sol est un milieu vivant (bactéries, champignons, vers de terre, arthropodes…)

Il existe de ce fait une grande diversité de types de sols, avec des potentialités agronomiques variées selon les cultures pratiquées/praticables et les milieux forestiers concernés et la fertilité globale du sol. Chaque type de sol, chaque texture, chaque état chimique peut présenter des avantages ou des inconvénients (voire des incompatibilités) pour la production végétale en général, ou pour une culture en particulier, ou pour une plantation forestière. Le facteur climat intervient également, on parle de potentiel « pédoclimatique ». Un type de sol donné, pour être un « bon sol agricole ou forestier », entretenu en bon père de famille, doit présenter des fertilités physique, chimique et biologique optimales.

 

Selon le type de chantier, ces potentialités peuvent être plus ou moins altérées, mais aussi dans certains cas et sous certaines conditions améliorées. On recherchera à restituer à minima des fertilités non limitantes par rapport à l’état initial, avec notamment :

un horizon de surface de qualité : sauf exception, l’horizon de surface initial sera restitué, la fertilité chimique sera donc maintenue, les outils de travail du sol classiques devant permettre de restituer à court terme une bonne porosité ; dans les rares cas d’améliorations de la texture de surface par apport de matériaux plus faciles à travailler, sans cailloux, etc., on veillera à restituer en surface une couche de terre arable riche en matières organiques (intérêts : limitation de la battance, minéralisation de l’azote, capacité de rétention en eau, effet structurant…) ; par opposition aux éléments fertilisants, le capital de matières organiques voire dans certains cas le pH ne se corrigent pas à court terme ;

une profondeur de sol suffisante et une bonne porosité des différents horizons de sol sur au minimum 120 centimètres, afin de permettre au système racinaire de coloniser le maximum de volume de sol et d’en valoriser le potentiel (alimentation en eau) ; les tassements profonds sont en effet difficilement réversibles (outils, climat), en particulier en sols de limons ;

un bon assainissement hydraulique, qui suppose à la fois la limitation des tassements à tous les niveaux, un choix judicieux dans la succession et l’épaisseur des différents matériaux de remblai, l’installation d’un réseau de drainage le cas échéant ;

un sol indemne de pollution : une pollution du sol peut rendre les productions agricoles impropres à la consommation, voire affecter la croissance des végétaux ; le propriétaire du terrain est en principe tenu de dépolluer ; cette dépollution peut être longue, coûteuse voire hasardeuse.

 

Pour les reboisements, des analyses devront être réalisées pour connaître la présence éventuelle de calcaire actif dans le sol (test à l’acide chlorhydrique).

D’autres facteurs influent également fortement la production forestière.

A cette fin, la modification du régime hydrique et les tassements devront absolument être évités et corrigés si nécessaire.

 

11.2. Définitions

 

Terre végétale ou horizon humifère :

En terrain agricole il s’agit de la couche superficielle du sol. Elle correspond dans le cas le plus fréquent à la couche labourée.

La terre végétale est riche en humus et de ce fait de couleur brune. La vie biologique y est intense (racines, vers de terre, microfaune et microflore entre autres).

Epaisseur indicative : 30 cm (+/- 10 cm)

terre végétale (= couche humifère)

sous-couche

remblai

soubassement

PHE 10

Densité apparente entre 1,0 et 1,5.

 

 

 

 

 

 

 

 

Schéma : sol reconstitué après remise en état

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous-couche

Notons que ce terme ne fait pas partie du vocabulaire agronomique ; nous l’emploierons ici pour faciliter les échanges avec les hommes de chantier. La sous-couche sera donc définie comme la couche de sol intermédiaire entre terre végétale et remblai (s’il existe) ou roche-mère. Cette couche est fortement exploitée par le système racinaire des cultures et des arbres, qui y puisent l’eau et des éléments minéraux. Les conditions doivent y être favorables à la pénétration et au métabolisme des racines. Pour cela la sous-couche doit présenter une porosité suffisante.

Epaisseur indicative : 120 cm

Densité apparente entre 1,35 et 1,5.

 

Soubassement

Le soubassement correspond à l’interface entre le remblai ou la roche-mère et la sous-couche. Celui-ci doit favoriser l’infiltration ou l’écoulement et le drainage dans le cas où le substrat (remblai ou roche-mère) est imperméable.

 

 

Roche mère

 

Substrat géologique en place, non remanié.

 

Découverte

 

Terme utilisé par les exploitants de carrières.

La découverte désigne les matériaux dits stériles, non recherchés, compris entre le terrain décapé et le niveau supérieur des matériaux nobles exploitables en vue d’une utilisation en travaux publics ou dans l’industrie.

 

Fond de fouille

 

Correspond à la surface mise à jour après extraction de matériaux sur un terrain (emprunts).


 

Occupation temporaire

 

L'occupation temporaire d'un terrain privé doit être autorisée par arrêté préfectoral et notifiée au propriétaire. Avant d'occuper ce terrain l'administration doit faire dresser un état des lieux.

Aux termes de l’article 7 de la loi modifiée du 29 décembre 1892 sur les dommages causés à la propriété privée par l’exécution des travaux publics: “A défaut par le propriétaire de se faire représenter sur les lieux, le maire lui désigne d’office un représentant pour opérer contradictoirement avec celui de l’administration ou de la personne au profit de laquelle l’occupation a été autorisée. Le procès-verbal de l’opération qui doit fournir les éléments nécessaires pour évaluer le dommage est dressé en trois expéditions destinées, l’une à être déposée à la mairie, et les deux autres à être remises aux parties intéressées. Si les parties ou les représentants sont d’accord, les travaux autorisés par l’arrêté peuvent être commencés aussitôt. Dès le début de la procédure ou au cours de celle-ci, le président du tribunal administratif désigne, à la demande de l’administration, un expert qui, en cas de refus par le propriétaire ou son représentant de signer le procès-verbal, ou en cas de désaccord sur l’état des lieux, dresse d’urgence le procès-verbal prévu ci-dessus. Les travaux peuvent commencer aussitôt après le dépôt du procès-verbal; en cas de désaccord sur l’état des lieux, la partie la plus diligente conserve néanmoins le droit de saisir le tribunal administratif sans que cette saisine puisse faire obstacle à la continuation des travaux.”

 

Dans le cas des fouilles archéologiques, cette occupation est ordonnée par une décision de l'autorité administrative qui détermine l'étendue des terrains à occuper ainsi que la date et la durée probable de l'occupation.

 

Dépôt provisoire

 

Matériaux déposés sur un terrain et destinés à être évacués avant remise en état de ce terrain.

 

Dépôt définitif ou remblai

 

Matériaux remaniés déposés sur un terrain et destinés à y rester définitivement.

La remise en état du terrain après travaux se fera par dessus ce dépôt, qui en constituera la base.

 

 

11.3. Méthodes et outils

 

11.3-1. Zonage pédologique par mesure de résistivité

 

Le chantier du canal Seine Nord va remanier le sol des parcelles agricoles.

La répercussion de ces travaux sur leur usage agricole sera plus ou moins significative selon la nature initiale du sol, les engins utilisés, les conditions météorologiques lors des travaux,…

 

Afin d’apprécier au mieux l’impact du chantier, il est nécessaire de connaître l’état initial des sols avant travaux pour le comparer à l’état des sols après travaux.

Cette étude passe par une cartographie des sols effectuée à partir de fosses ou de sondages tarière.

 

La qualité de cette étude dépend en partie de la pression de sondage réalisée et de la pertinence de la distribution spatiale de ces sondages.

 

Plusieurs méthodes permettent d’arriver à ce résultat :

 

  • La cartographie des sols à partir de sondages selon un maillage systématique :

Cette méthode utilise un carroyage serré pour obtenir une bonne précision et ne pas évincer certains types de sols.

Sa mise en œuvre est lourde et fastidieuse à gérer.

 

  • La cartographie des sols à partir d’une lecture du pédopaysage selon la méthode Jamagne :

C’est la méthode couramment utilisée pour la cartographie de vastes surfaces, à l’échelle d’un bassin versant, d’un département ou encore d’une région. Cette méthode nécessite une bonne expertise du technicien, mais présente l’avantage d’être moins lourde que la première. Elle est inopérante dans le contexte de sols remaniés par les activités humaines.

 

  • La mesure de la résistivité des sols :

            Cette méthode, datant des années 1990, consiste à injecter dans le sol un flux électrique à partir d’un outil traîné derrière un quad.

            Traitée par imagerie numérique, la variation de conductivité du courant dans le sol se révèle sur une carte par un gradient de couleur.

           

Cette technique met donc en évidence des zones homogènes vis à vis de la conductivité du courant, paramètre qui permet de suivre les variations de nature de sol.

Cette production d’une image des variations de sol intraparcellaires permet de faciliter le ciblage des zones à observer et à caractériser sur le plan agro-pédologique (fosses d’observation essentiellement).

 

Particulièrement adaptée à notre contexte, cette dernière méthode apporte la précision du maillage systématique, mais avec un gain de temps très significatif.

 

11.3-2. Observation de profils pédologiques

 

-          Dimensions minimales des fosses pédologiques :

§         Profondeur : 1,5 m (sauf si obstacle lié à substrat géologique dur superficiel)

§         Longueur : 1,5 m

§         Largeur : 1 m

 

-          Méthode de description : type STIPA

-          Durée de description et notation nécessaire par profil = environ 2 heures (    non compris creusement et comblement des fosses d’observation).

 

11.3-3. Mesure de densité apparente

 

(Extrait du cahier de charges du RMQS - Réseau de Mesure de la Qualité des Sols - GIS «SOL» )

 

La détermination de la masse volumique apparente devra se faire, si possible dans des conditions d’humidité proches de la capacité au champ et dans un sol stabilisé, c’est à dire non récemment travaillé (labouré, déchaumé, sous-solé, etc...)

 

Ces prélèvements seront réalisés, en fonction de la charge en éléments grossiers, par la méthode du cylindre - adaptée aux sols dépourvus de graviers et de cailloux ou à faible charge en graviers - la méthode au sable, la méthode à l’eau ou le densitomètre à membrane - utilisables dans la plupart des situations (voir illustrations). La méthode utilisée pourra être différente entre deux couches de sol, mais une seule méthode sera utilisée au sein d’une même couche de sol.

 

 

 

Pour obtenir une description précise de ces différentes méthodes, on se reportera aux normes françaises suivantes :

             

            • méthode du cylindre : normes NF X 31-511 (en préparation) et NF X 31-501

            • méthode au sable : norme NF X 31-503

            • méthode à l’eau, qui s’apparente à la méthode au sable, mais dans laquelle le sable calibré est remplacé par de l’eau.

Méthode du cylindre

Méthode à l’eau


 

 

11.3-4. Test de stabilité structurale

 

La stabilité de la structure est l’aptitude des agrégats du sol à résister à l’action désagrégeante de l’eau lors des pluies.

Des tests de laboratoire ont été mis au point pour estimer le niveau de la stabilité structurale des sols.

Réalisés en laboratoires en conditions standards, ils permettent de comparer des sols différents.

Le test mis au point par Y. Le Bissonnais (INRA Orléans) et réalisé en routine dans certains laboratoires d’analyse de terre, prend en compte trois régimes d’humectation des agrégats de sol, mimant les situations suivantes :

1.      pluie intense sur sol sec,

2.      pluie sur sol humide,

3.      pluie faible sur sol sec ou peu humide.

Chacun de ces traitements donne un indice. La moyenne des trois indices permet de classer les sols testés selon leur stabilité structurale.

 


 

 

Tableau : seuils d’interprétation du test de stabilité structurale (type INRA Orléans)