Novagri a tenu son Assemblée Générale le 18
décembre à Wambaix
« Comprendre et agir face au défi
alimentaire »
En 2007, les prix agricoles ont augmenté, la population s’est
inquiétée, les biocarburants ont été remis en cause et dans les pays du Sud, on
a assisté des émeutes de la faim.
2008, les prix agricoles baissent, on peut se demander si le défi alimentaire
est toujours une question d’actualité ? Ainsi Charles Emile Queste a posé
le débat et la question aux différents intervenants de la table ronde lors de
l’Assemblée Générale de Novagri, le 18 décembre dernier. Pour Patrice Auguste de
l’AGPB, la réponse est oui. Le défi alimentaire reste au cœur de l’actualité.
Les prévisions sont unanimes. Il y aura de plus en plus de bouches à nourrir et
de moins en moins de stocks. Chaque pays cherche donc son mode de développement.
Certains comme le Brésil, parient sur le développement des cultures à usages non
alimentaires alors qu’en France, le bioéthanol est critiqué par l’opinion
publique. Denis Bollengier le rappelle : « sur l’éthanol, beaucoup de
faux arguments sont avancés, il faut relativiser les chiffres et l’objectif
d’incorporation de 7% dans les surfaces ne correspond qu’à 4% des surfaces
céréalières actuelles soit 2% de la SAU ». Patrice Auguste ajoute
qu’ : « il ne faut pas avoir de faux débats en France comme celui
obscurantiste sur les OGM ! ».
Dans les pays du Sud, les enjeux sont différents. Les politiques
africaines doivent investir dans l’agriculture de leur pays. Il existe un réel
besoin de professionnalisation des agriculteurs et des organisations paysannes.
Jean Marie Tassaert, Président de l’AFDI Nord - Pas de Calais s’indigne :
« on les empêchera de produire si on continue à leur fournir des marchandises à des prix trop bas,
qui font concurrence avec le développement de leur propre culture
vivrière ». L’agriculture des pays du Sud doit se développer, pour eux mais
aussi pour l’ensemble de l’agriculture mondiale et aura besoin de moyens de
régulation comme en Europe. En effet, la PAC joue un rôle important. Tous les
intervenants se sont montrés inquiets face aux orientations que prennent
aujourd’hui les débats. Avec la situation de crise, Patrice Auguste a insisté
sur la nécessité de garder des outils de régulation mis en place et a rappelé
que la régulation, le stockage et l’organisation de marché ont été les
conditions de réussite de notre PAC et ont permis la stabilité en Europe. Face à la libéralisation en cours, Denis
Bollengier a souligné que : « nous devons dénoncer les propositions
actuelles. Ce qu’on nous propose n’est pas satisfaisant et on doit être nombreux
à le dire ! ». Enfin, Marie Pierre Petitprez, Présidente de la
Commission des Agricultrices du Nord Bassin Parisien a ouvert le débat sur les
services de l’agriculture. « L’agriculture joue aussi un rôle social,
environnemental et culturel. Montrer que derrière des produits alimentaires, se
trouvent des producteurs, faire la promotion de notre métier est devenu un
investissement nécessaire et une nécessité ». En 50 ans, l’agriculture a beaucoup
progressé, a ajouté Patrice Auguste. Mais la communication et la promotion de
notre métier ont été négligées. Le sursaut est nécessaire et ont doit montrer
aux français ce que l’agriculture réalise tous les jours. Denis Bollengier a
conclu : « nous devons avoir un vrai projet pour l’agriculture et la
communication est au cœur du débat. Novagri a encore du boulot devant
elle ! »
Amaëlle
D’Herbigny